Et si on ne nommait pas le jeu ?

jeu de silence

Episode 5 : Jouer avec presque rien

On a souvent envie de dire :

“On joue à quoi?
“Tu veux faire un jeu?
“On fait un château, une mission, une cabane…”

Mais parfois,
le jeu est déjà là.
Silencieux.
Sous la surface.

Et le fait de le nommer trop vite peut l’arrêter.

Laisser le jeu naître sans l’appeler

Il suffit parfois de poser un objet entre vous.
De faire un geste lent.
De chuchoter une phrase sans contexte.

Et attendre.

L’enfant regarde.
Devine.
Entre.

Le jeu se forme sans consigne.
Il se construit de l’intérieur.

Le jeu sans nom est plus fragile, mais plus libre

Quand on ne donne pas de nom,
l’enfant peut changer de direction sans avoir à justifier.
Il peut explorer.
Interrompre.
Revenir.

Il n’y a pas de cadre rigide.

Seulement un espace vivant.

Et toi, adulte,
tu accompagnes sans diriger.
Tu suis un fil sans trop le tirer.

Pourquoi ce jeu-là laisse une trace

Parce qu’il ne répond à rien.
Il ne coche aucune case.
Il laisse une sensation : celle d’avoir été ensemble dans quelque chose d’invisible.

Et ça,
l’enfant peut s’en souvenir longtemps.

Même sans pouvoir l’expliquer.


Dans Les Mondes Cachés,
on ne nomme pas toujours ce qu’on vit.
Mais ce qui n’a pas de nom
peut parfois laisser la trace la plus douce.

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