Il est tentant de vouloir tout prévoir.
Surtout quand on accueille un enfant.
On pense qu’un programme rassure.
Qu’il montre qu’on a réfléchi.
Qu’on s’est investi.
Et parfois, c’est vrai.
Mais le programme a un défaut caché :
il remplit tout l’espace.
Il ne laisse aucune marge pour l’inattendu.
Quand tout est prévu,
il ne reste plus rien à découvrir.
Un rituel, c’est autre chose.
Un rituel n’est pas un emploi du temps.
Ce n’est pas une séquence d’activités.
Ce n’est pas un cadre rigide.
C’est un geste qui revient,
à l’intérieur duquel quelque chose peut naître.
Le rituel, c’est l’opposé du divertissement.
Il ne cherche pas à occuper.
Il crée un espace d’attention.
Une bougie qu’on allume.
Une phrase qu’on chuchote.
Un objet que l’on transmet.
Un cercle que l’on trace.
On ouvre une porte
À force de revenir,
ce geste devient une porte.
Une porte d’entrée dans un autre temps.
Celui qui n’est pas mesuré.
Celui qui accueille ce qui vient.
Les enfants y entrent facilement.
Ils reconnaissent le seuil.
Ils sentent que ce moment-là est différent.
On trouve la clé
Un rituel n’a pas besoin d’être ancien.
Il peut naître aujourd’hui.
Et devenir précieux dès demain.
Il peut être inventé à deux.
Simple, mais fait avec attention.
Et c’est cela que l’enfant retient.
Pas ce qu’on avait prévu de faire.
Mais ce qu’on a pris le temps de commencer ensemble.
Dans Les Mondes Cachés, chaque traversée commence par un rituel.
Il n’y a rien à réussir, seulement un seuil à franchir, à deux.

