Série : Jouer avec presque rien – épisode 3
Il n’y a pas de cabane.
Pas de tente.
Pas d’arbre.
Mais il suffit de baisser la voix et de dire :
“On entre dans la forêt. Il ne faut pas faire de bruit.”
Et alors, sans bouger un meuble,
le salon devient autre.
Plus dense.
Plus lent.
Ce n’est pas une mise en scène.
C’est une invitation à regarder autrement.
Ce n’est pas le décor qui crée l’espace
On croit parfois qu’il faut tout transformer pour jouer.
Tout installer.
Tout préparer.
Mais l’imaginaire ne dépend pas de l’accessoire.
Il dépend de la façon dont on regarde un lieu.
Un canapé devient une souche.
Une couverture devient une grotte.
Le silence devient un animal à ne pas déranger. Et le salon… devient une forêt.
L’adulte est le gardien du seuil
Tu n’as pas besoin d’être guide.
Juste gardien du ton.
En disant peu.
En ralentissant.
En écoutant avec sérieux ce que dit l’enfant.
Tu renforces la frontière invisible
entre le quotidien et le monde inventé.
Et tu deviens complice.
Pourquoi ce jeu laisse une trace
Parce que l’enfant sent qu’on a basculé ensemble.
Qu’on a fait confiance à un monde invisible.
Et qu’un lieu ordinaire est devenu un souvenir symbolique.
Il se souviendra peut-être d’avoir traversé la forêt…
alors que c’était juste le salon.
Et c’est ça, la magie.
Dans Les Mondes Cachés,
on ne fabrique pas de décors.
On fabrique une attention.
Et parfois, c’est suffisant pour ouvrir un monde entier.


