Série : Petits mondes – épisode 2
C’est une boîte simple.
Petite. Vide. Pas décorée.
On pourrait croire qu’elle ne contient rien.
Et c’est vrai.
Au début.
Mais si on la pose doucement devant un enfant,
et qu’on dit :
“On peut y placer ce qu’on veut garder très longtemps…”
… alors, quelque chose commence à pousser.
Ce qu’on y met
Pas des objets précieux.
Des restes.
Des miettes de moment.
Un bout de papier.
Une miette de biscuit partagé.
Un bouton tombé pendant un jeu.
Un mot qu’on a dit et qu’on veut écrire.
On ne commente pas.
On cueille le minuscule.
Et on le dépose.
Ce que devient la boîte
Ce n’est pas une boîte à trésors.
Ni une boîte à souvenirs classique.
C’est une boîte symbolique vivante.
Un lieu de dépôt lent.
De sélection intime.
On ne l’ouvre pas souvent.
On la laisse reposer.
Et un jour,
on l’ouvre à deux.
Et on se souvient.
De choses qu’on croyait avoir oubliées.
Et d’autres qu’on n’avait pas vues.
Pourquoi cette boîte crée un lien
Parce qu’elle est habitée d’attention.
Parce qu’on y met ce qui n’a de valeur que dans ce lien-là.
Elle devient mémoire partagée.
Mémoire lente.
Mémoire tendre.
Dans Les Mondes Cachés,
on ne remplit pas la boîte.
On laisse pousser doucement
des morceaux d’histoire invisible.


