Série : Petits mondes – épisode 5
C’est un carnet ordinaire.
Ou quelques feuilles agrafées.
Ou un cahier déjà commencé.
Mais à partir d’aujourd’hui,
il ne sert plus à noter la réalité. Il devient le Carnet des Choses Qui N’Existent Pas.
Comment ça commence
Tu écris la première ligne.
Juste une.
Ou tu la dictes à l’enfant.
“Le vent à carreaux.”
“Le mot qui fait pousser les murs.”
“Une forêt minuscule qu’on porte dans la poche.”
Et tu dis :
“Ce carnet est réservé à ce qu’on ne peut pas vraiment voir. Mais qu’on sent exister quand même.”
Ce qu’on y met
Des mots.
Des dessins.
Des formes.
Des inventions sans but.
Rien n’est expliqué.
Rien n’est corrigé.
Le carnet devient un réceptacle du monde intérieur.
Un lieu sans jugement.
Sans note.
Sans réussite.
Pourquoi ce carnet compte
Parce qu’il laisse une place à l’impossible.
Au flou.
À l’inutile.
Et dans ce flou,
l’enfant se déploie sans contrainte.
Il n’y a pas de consigne,
mais il y a une autorisation silencieuse à inventer.
Et parfois, ce carnet-là
devient un trésor qu’on garde des années.
Dans Les Mondes Cachés,écrire ce qui n’existe pasest une manière très doucede dire à l’enfant :“Ton monde intérieur a sa place ici.”


