Série : Petits mondes – épisode 6
Un mur.
Ou un pan de porte.
Ou un simple carton posé verticalement.
Et sur lui,
des traces de gestes anciens.
Des petits papiers, des symboles, des dessins.
Ce mur devient le lieu où l’on note ce qui ne se fait plus,
mais qu’on a aimé faire ensemble.
Comment le créer
Un jour, après un moment partagé, tu dis à l’enfant :
“On pourrait écrire ce qu’on vient d’inventer, avant de l’oublier.”
Pas pour le garder vivant.
Juste pour l’honorer.
Tu écris une phrase.
Ou l’enfant dessine.
Ou vous créez un petit signe. Et vous l’accrochez.
Au mur des rituels oubliés.
Ce qu’on y inscrit
Des gestes minuscules :
“Passer la main dans l’eau avant de dire bonjour.”
“Ne manger les cerises qu’en silence.”
“Répéter deux fois la même phrase pour conjurer les disputes.”
Des règles inventées, des objets disparus, des jeux éphémères.
Tout ce qu’on ne refera peut-être jamais.
Mais qui a compté.
Ce que ce mur devient
Une mémoire symbolique.
Un espace de reconnaissance.
Une manière de dire :
“Même les choses brèves peuvent laisser une trace.”
Et pour l’enfant,
c’est un mur de fierté douce.
Un lieu où le vécu est reconnu, sans performance.
Dans Les Mondes Cachés,
on ne cherche pas à tout recommencer.
On apprend à remercier les mondes passés
en leur donnant une place.


